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Myasthénie

Généralités

MYASTHÉNIE = Maladie auto immune touchant la jonction neuro musculaire

A NE PAS CONFONDRE AVEC Syndrome myasthénique de Lambert Eaton (voir plus bas)

épidémiologie

  • Maladie RARE (0,5/1000) mais potentiellement grave
  • Touche souvent les adultes mais peut survenir à tout âge / Sex ratio =
  • Entre 20-30 ans › F > H (3 pour 2) // Si >60 ans › H > F

Physiopathologie

  • BLOCAGE DES RÉCEPTEURS DE LA PLAQUE MOTRICE PAR DES AC ANTI RÉCEPTEURS À L’ACÉTYLCHOLINE (ou autres) › BLOC POST SYNAPTIQUE (90 % des cas)
  • RÔLE PROBABLE DU THYMUS
  • Blocage des plaques motrices = fatigabilité à l’effort / réversible au repos
  • Myasthénie associée à des maladies auto-immunes dans 10-15% des cas (F > 40 ans +++)
  • Rc à l’acétylcholine des cellules myoïdes du thymus entrainerait stimulation d’Ac contre les Rc de la jonction neuromusculaire
  • Le thymus serait source production de LT4 helper favorisant la production de ces Ac par les LB

Diagnostic

DIAGNOSTIC CLINIQUE : DIAGNOSTIC DIFFICILE

DEFICIT MOTEUR VARIABLE DANS LE TEMPS++++ (« phénomène myasthénique »)

EVOLUTION TEMPORELLE

  • APPARITION À L’EFFORT / RÉGRESSION AU REPOS › fluctuante (peut se manifester dans les muscles directement mis en action au cours de l’effort ou à distance)
  • ABSENT AU RÉVEIL / S’ACCENTUE AU COURS DE LA JOURNÉE › vespérale

TOPOGRAPHIE : DEFICIT SELECTIF++++ (PREDOMINE POUR CERTAINS MUCLES)

  • ATTEINTE OCULAIRE FREQUENTE
  • ATTEINTE FACE / COU (SIGNES BULBAIRES) = GRAVITÉ +++
  • ATONIE DU VISAGE › ET PERIPHERIQUE
  • MUSCLES RESPIRATOIRES = GRAVITE +++
  • PTOSIS UNI OU BI LATERAL / asymétrique +++++ (m. releveur de la paupière)
  • DIPLOPIE variable, intermittente / soir +++ (atteinte m. oculomoteurs)
  • Aggravation des signes par la fatigue, la lumière et la fixation d’objets
  • Muscles intrinsèques JAMAIS atteints › réflexe photomoteur normal
  • TROUBLES DE LA PHONATION › Dysarthrie (d’abord voix nasonée puis inintelligible)
  • TROUBLES DE LA DEGLUTITION › dysphagie, fausses routes +++ au cours du repas
  • TROUBLES DE LA RESPIRATION › dyspnée
  • TROUBLES DE LA MASTICATION › « mâchoire tombante en fin de repas »
  • CHUTE DE LA TETE EN AVANT
  • MUSCLES PROXIMAUX DES MI++++
  • MUSCLES AXIAUX : EXTENSEURS DU TRONC (CAMPTOCORMIE), MUSCLES ABDOMINAUX
  • RISQUE DECOMPENSATION VENTILATOIRE RAPIDE

EXAMEN PHYSIQUE

  • TEST DE RÉPÉTITION : reproduire la fatigabilité
  • SIGNES NÉGATIFS : examen neurologique normal +++
  • Répétition de mouvements › accroupissements / cligner des yeux / fixer un objet
  • Mimiques inexpressives / difficultés à gonfler les joues, siffler
  • Signe du glaçon › amélioration au froid (et inversement)
  • ROT normaux / force motrice normale hors répétitions

EXAMENS COMPLéMENTAIRES

RECHERCHE D’AUTO-AC

  • AC ANTI RÉCEPTEURS DE L’ACÉTYLCHOLINE (anti RAC)
  • AC ANTI MUSK :
  • FORMES SERONEGATIVES
  • 80% des malades avec myasthénie généralisée / 50% avec myasthénie oculaire
  • Pas de corrélation entre le taux d’Ac et la gravité+++ / taux fluctuant chez un même patient selon l’évolutivité de la maladie
  • Dans les thymomes malins, taux peut être très élevé
  • Leur absence n’élimine pas le diagnostic !!!
  • 40 % des formes sans Ac anti RAC

ENMG (STIMULO-DETECTION REPETITIVE)

  • DETECTION : TRACÉ NORMAL AU REPOS ET À LA CONTRACTION
  • STIMULO-DETECTION : bloc neuromusculaire POST SYNAPTIQUE ++
  • DECREMENT de l’amplitude du potentiel évoqué moteur (>10%) à la stimulation répétitive
  • MAIS vitesses de conduction nerveuses et latences (ondes H/F) normales
  • Sensibilité diagnostique : 50-75% (++ dans les territoires cliniquement atteints)
  • Apparaît pur des fréquences basses de stimulation (3Hz) et pour la 4ème stimulation

TESTS THERAPEUTIQUES

  • CONFIRMENT LE DIAGNOSTIC SI POSITIF MAIS NE L’ÉLIMINE PAS SI NÉGATIF +++
  • Aux ANTICHOLINESTÉRASIQUES
  • En hospitalisation UNIQUEMENT (risque de crise cholinergique ou syndrome vagotonique)
  • Administration de Néostigmine ou Edrophonium IV (ATU) › si régression ou disparition des signes neuro rapide et franche (30min pour la néostigmine / 5 min pour l’edrophonium) › intérêt diagnostic +++

IMAGERIE : TDM OU IRM THORACIQUE

  • RECHERCHE RELIQUAT THYMIQUE (en faveur hyperplasie thymique ou thymome)

Recherche d’une pathologie associée

IMAGERIE DU THYMUS +++

  • ANOMALIES THYMIQUES associées à la myasthénie
  • HYPERPLASIE THYMIQUE (65% surtout chez sujet jeune) : thymus morphologiquement normal mais prolifération de follicules germinatifs à centre clair
  • THYMOME (15% chez les sujets > 40 ans) : bénins ou malins (doivent être opérés)

BILAN AUTO-IMMUN SYSTéMATIQUE

  • DYSTHYROÏDIE : TSH (+/- bilan thyroïdien complet si anomalie)
  • MALADIE DE BIERMER : NFS / AC ANTI FI
  • LED : AAN +/- AC ANTI-DNA NATIF
  • PR ET AUTRES…

Formes cliniques

FORMES OCULAIRES (15-20% DES CAS)

  • Atteinte limitée aux MUSCLES OCULOMOTEURS UNIQUEMNT+++
  • Posent un problème essentiellement fonctionnel

FORMES AVEC ANTI-MUSK

  • ATTEINTE BULBAIRE plus fréquente
  • ATROPHIE DES MUSCLES d’innervation bulbaire (langue)
  • CRISES MYASTHÉNIQUES FRÉQUENTES ET GRAVES+++

PAS DE PATHOLOGIE THYMIQUE ASSOCIEE

MYASTHéNIE NéONATALE

  • TRANSITOIRE, apparaît chez 10-25% des enfants de MÈRE MYASTHÉNIQUE
  • Apparition des signes au bout de 24h de vie, persistants pendant 2-3 semaines : TROUBLES DE LA SUCCION, DÉGLUTITION, RESPIRATION
  • TRAITEMENT ANTICHOLINESTÉRASIQUE, PUIS RÉGRESSION SPONTANÉE

évolution

éVOLUTION NATURELLE = PAROXYSTIQUE

  • POUSSÉES DE SÉVÉRITÉ VARIABLE spontanées ou provoquées
  • ENTRECOUPÉES DE PHASES DE RÉMISSION +/- totales
  • Si poussée sévère › CRISE MYASTHENIQUE = HOSPITALISATION DU PATIENT
  • FACTEURS DECLENCHANTS +++
  • Médicaments › curares, BB, psychotropes, antiépileptiques
  • Grossesse / post partum+++
  • Stress physique ou psychique

COMPLICATIONS

CRISE MYASTHENIQUE =

  • Aggravation rapide du déficit musculaire + TROUBLES DE LA RESPIRATION (DYSPNÉE, ENCOMBREMENT) / DÉGLUTITION
  • Facteurs déclenchants › ÉPISODE INFECTIEUX, PRISE DE MÉDICAMENTS CI, TROUBLES HORMONAUX (post partum, hyperthyroïdie, grossesse), TRAUMATISMES, CHIRURGIE, STRESS
  • Décès dans 2/3 des cas malgré réanimation adaptée

CRISE CHOLINERGIQUE = surdosage en anti-cholinestérasiques

  • Détresse RESPIRATOIRE ET DÉFICIT MUSCULAIRE SÉVÈRE
  • Signes cholinergiques :
  • Effets muscariniques : hypersialorrhée, bronchorrhée, diarrhée, nausées, vomissements, sudation, larmoiement
  • Myosis, bradycardie
  • Effets nicotiniques : fasciculations, crampes, déficit musculaire, détresse respiratoire

Traitement

PRISE EN CHARGE

  • HOSPITALISATION POUR INITIATION DE TRAITEMENT / PEC AMBULATOIRE AU LONG COURS hors poussées
  • Hospitalisation en RÉANIMATION si CRISE MYASTHÉNIQUE

éDUCATION DU PATIENT ++

  • ÉVITER LES FACTEURS DÉCLENCHANTS : stress / automédication / grossesse programmée
  • LISTE DE MÉDICAMENTS INTERDITS (A CONNAITRE)
  • Port d’une CARTE DE MYATHÉNIQUE ET LA LISTE DES PRINCIPAUX MÉDICAMENTS CI
  • PRISE EN CHARGE ALD 100%
  • ORIENTATION VERS ASSOCIATION DE PATIENTS
  • CI absolue = D-péniillamine, curare, ATB aminosides, colimycine, bacitracine, polymyxine et cycline injectable, BB, phénytoïne, diphénylhydantoïne, triméthadione, dantrolène, quinine, quinidine, chloroquine, procaïnamide
  • CI relative = phénotiazines, carbamazépine, benzodiazépines, neuroleptiques, vérapamil, lithium, progestérone

TRAITEMENT SYMPTOMATIQUE = ANTICHOLINESTHéRASIQUES

  • BLOCAGE RÉVERSIBLE DE L’ACÉTYLCHOLINESTÉRASE : prolonge l’action au niveau de la membrane post-synaptique de l’acétylcholine
  • PYRIDOSTIGMINE PO / AMBENONIUM
  • Agit sur toutes les synapses cholinergiques = ES muscariniques/nicotiniques (risque crise cholinergique si surdosage)
  • NE JAMAIS INTERROMPRE › risque de crise myasthénique
  • Posologies à augmenter progressivement (adaptation à chaque patient)
  • Initiation hospitalière / Prise PO à jeun 30 min avant les repas / durée d’action brève (4-5h) = plusieurs prises par jour nécessaires
  • Efficacité moindre voire intolérance dans les formes anti-muSK

Grossesse possible sous anticholinestérasiques (mais poussées possibles dans le post-partum)

TRAITEMENT DE FOND (éTIOLOGIQUE)

  • THYMECTOMIE = traitement de fond à long terme
  • IMMUNOSUPPRESSION ›
  • Indication › si anomalie retrouvée à l’imagerie (thymome / hyperplasie thymique)
  • Effet bénéfique sur l’évolutivité de la maladie (++chez le sujet de moins de 40 ans)
  • Non indiquée dans les formes anti-muSK
  • 85% améliorés // 35% plus de traitements
  • CORTICOTHERAPIE = 1ère intention meilleur résultat (Prednisone ou prednisolone SOLUPRED) (rique aggravation transitoire la 1ère semaine)
  • IMMUNOSUPPRESSEURS = Azathioprine (imurel) // Mycophénolate mofétil (Cellcept) = si CI thymectomie ou si échec corticoïdes (2nd intention)

PRISE EN CHARGE DES COMPLICATIONS

TRAITEMENT DE LA CRISE MYASTHENIQUE

  • HOSPITALISATION EN RÉANIMATION EN URGENCE / O2 / INTUBATION SI BESOIN / SNG / VVP
  • IGG IV OU ECHANGES PLASMATIQUES

TRAITEMENT DE LA CRISE CHOLINERGIQUE

  • Arrêt des anticholinestérasiques pendant > 72h

Diagnostic différentiel

SYNDROME MYASTHéNIQUE DE LAMBERT EATON

PHYSIOPATHOLOGIE

  • Maladie auto immune due à des auto-Ac anti canaux calciques et une insuffisance de libération de l’acétylcholine › BLOC PRESYNAPTIQUE
  • Surtout chez l’homme >40 ans

éTIOLOGIES

  • PARANÉOPLASIES ++++ (70%) › K intrathoraciques (60%), Cancer bronchiques à petites cellules (50%), autres (rein, vessie (10%))
  • MALADIES AUTO-IMMUNES associées (10%)
  • IDIOPATHIQUE (15%)

CLINIQUE

  • DÉFICIT MOTEUR ACCOMPAGNÉ D’UNE FATIGABILITÉ INITIALE EXCESSIVE SANS AMYOTROPHIE = MI proximaux ++ / m. oculomoteurs › diplopie
  • RÉFLEXES FAIBLES OU ABSENTS › réapparaissent à l’effort
  • DYSAUTONOMIE CHOLINERGIQUE POSSIBLE (troubles motricité pupuillaire, sudation, sécrétions…)
  • +/- SIGNES D’ATTEINTE CÉPHALIQUE

PARACLINIQUE

  • ENMG
  • DOSAGE DES AC ANTI ICA (CANAUX CALCIUM PRE-SYNAPTIQUE VOLTAGE-DEPENDANTS) : positif dans 60% des cas
  • Potentiel d’action musculaire au repos d’amplitude très diminué par rapport à la normale
  • Augmentation de l’amplitude de 100% après tétanisation
  • Stimulation nerveuse répétitive à fréquence rapide (10-50Hz) : incrément toujours >100%

TRAITEMENT

  • TRAITEMENT MÉDICAMENTEUX SPÉCIFIQUE pour augmenter le nombre de quanta d’acétylcholine libérés › 3-4 DIAMINOPYRIDINE
  • Formes paranéoplasiques : TRAITEMENT DE LA CAUSE
  • Dans les formes non néoplasiques, on peut proposer un TRAITEMENT IMMUNOSUPPRESSEUR OU IMMUNOMODULATEUR

SYNDROME MYSATHENIQUES MEDICAMENTEUX / TOXIQUES

  • MÉDICAMENTEUX › Intoxication par traitement par D-penicillamine (M de Wilson cf. PR), BB, curare, quinine (doit faire rechercher une myasthénie +++)
  • TOXIQUES › MAGNÉSIUM (chez insuffisant rénal +++), VENIN DE SERPENT

AUTRES

  • Syndrome myasthéniques congénitaux (CONSENTEMENT ÉCLAIRÉ DES PARENTS pour confirmation par études génétiques) (Ne pas confondre avec myasthénie néonatale !!)
  • BOTULISME
  • Contexte de TIAC = ingestion de conserve avariée contentant une neurotoxine paralysante produite par des bactéries du genre Clostridium
  • 12-35h après ingestion : nausées, vomissements, troubles de la vision, diplopie, sécheresse des muqueuses buccales et trachéales, déficit moteur généralisée à prédominance proximale
  • Peut être grave par survenue complications respiratoires
  • ENMG = bloc pré synaptique

Généralités

MYASTHÉNIE = Maladie auto immune touchant la jonction neuro musculaire

A NE PAS CONFONDRE AVEC Syndrome myasthénique de Lambert Eaton (voir plus bas)

épidémiologie

  • Maladie RARE (0,5/1000) mais potentiellement grave
  • Touche souvent les adultes mais peut survenir à tout âge / Sex ratio =
  • Entre 20-30 ans › F > H (3 pour 2) // Si >60 ans › H > F

Physiopathologie

  • BLOCAGE DES RÉCEPTEURS DE LA PLAQUE MOTRICE PAR DES AC ANTI RÉCEPTEURS À L’ACÉTYLCHOLINE (ou autres) › BLOC POST SYNAPTIQUE (90 % des cas)
  • RÔLE PROBABLE DU THYMUS
  • Blocage des plaques motrices = fatigabilité à l’effort / réversible au repos
  • Myasthénie associée à des maladies auto-immunes dans 10-15% des cas (F > 40 ans +++)
  • Rc à l’acétylcholine des cellules myoïdes du thymus entrainerait stimulation d’Ac contre les Rc de la jonction neuromusculaire
  • Le thymus serait source production de LT4 helper favorisant la production de ces Ac par les LB

Diagnostic

DIAGNOSTIC CLINIQUE : DIAGNOSTIC DIFFICILE

DEFICIT MOTEUR VARIABLE DANS LE TEMPS++++ (« phénomène myasthénique »)

EVOLUTION TEMPORELLE

  • APPARITION À L’EFFORT / RÉGRESSION AU REPOS › fluctuante (peut se manifester dans les muscles directement mis en action au cours de l’effort ou à distance)
  • ABSENT AU RÉVEIL / S’ACCENTUE AU COURS DE LA JOURNÉE › vespérale

TOPOGRAPHIE : DEFICIT SELECTIF++++ (PREDOMINE POUR CERTAINS MUCLES)

  • ATTEINTE OCULAIRE FREQUENTE
  • ATTEINTE FACE / COU (SIGNES BULBAIRES) = GRAVITÉ +++
  • ATONIE DU VISAGE › ET PERIPHERIQUE
  • MUSCLES RESPIRATOIRES = GRAVITE +++
  • PTOSIS UNI OU BI LATERAL / asymétrique +++++ (m. releveur de la paupière)
  • DIPLOPIE variable, intermittente / soir +++ (atteinte m. oculomoteurs)
  • Aggravation des signes par la fatigue, la lumière et la fixation d’objets
  • Muscles intrinsèques JAMAIS atteints › réflexe photomoteur normal
  • TROUBLES DE LA PHONATION › Dysarthrie (d’abord voix nasonée puis inintelligible)
  • TROUBLES DE LA DEGLUTITION › dysphagie, fausses routes +++ au cours du repas
  • TROUBLES DE LA RESPIRATION › dyspnée
  • TROUBLES DE LA MASTICATION › « mâchoire tombante en fin de repas »
  • CHUTE DE LA TETE EN AVANT
  • MUSCLES PROXIMAUX DES MI++++
  • MUSCLES AXIAUX : EXTENSEURS DU TRONC (CAMPTOCORMIE), MUSCLES ABDOMINAUX
  • RISQUE DECOMPENSATION VENTILATOIRE RAPIDE

EXAMEN PHYSIQUE

  • TEST DE RÉPÉTITION : reproduire la fatigabilité
  • SIGNES NÉGATIFS : examen neurologique normal +++
  • Répétition de mouvements › accroupissements / cligner des yeux / fixer un objet
  • Mimiques inexpressives / difficultés à gonfler les joues, siffler
  • Signe du glaçon › amélioration au froid (et inversement)
  • ROT normaux / force motrice normale hors répétitions

EXAMENS COMPLéMENTAIRES

RECHERCHE D’AUTO-AC

  • AC ANTI RÉCEPTEURS DE L’ACÉTYLCHOLINE (anti RAC)
  • AC ANTI MUSK :
  • FORMES SERONEGATIVES
  • 80% des malades avec myasthénie généralisée / 50% avec myasthénie oculaire
  • Pas de corrélation entre le taux d’Ac et la gravité+++ / taux fluctuant chez un même patient selon l’évolutivité de la maladie
  • Dans les thymomes malins, taux peut être très élevé
  • Leur absence n’élimine pas le diagnostic !!!
  • 40 % des formes sans Ac anti RAC

ENMG (STIMULO-DETECTION REPETITIVE)

  • DETECTION : TRACÉ NORMAL AU REPOS ET À LA CONTRACTION
  • STIMULO-DETECTION : bloc neuromusculaire POST SYNAPTIQUE ++
  • DECREMENT de l’amplitude du potentiel évoqué moteur (>10%) à la stimulation répétitive
  • MAIS vitesses de conduction nerveuses et latences (ondes H/F) normales
  • Sensibilité diagnostique : 50-75% (++ dans les territoires cliniquement atteints)
  • Apparaît pur des fréquences basses de stimulation (3Hz) et pour la 4ème stimulation

TESTS THERAPEUTIQUES

  • CONFIRMENT LE DIAGNOSTIC SI POSITIF MAIS NE L’ÉLIMINE PAS SI NÉGATIF +++
  • Aux ANTICHOLINESTÉRASIQUES
  • En hospitalisation UNIQUEMENT (risque de crise cholinergique ou syndrome vagotonique)
  • Administration de Néostigmine ou Edrophonium IV (ATU) › si régression ou disparition des signes neuro rapide et franche (30min pour la néostigmine / 5 min pour l’edrophonium) › intérêt diagnostic +++

IMAGERIE : TDM OU IRM THORACIQUE

  • RECHERCHE RELIQUAT THYMIQUE (en faveur hyperplasie thymique ou thymome)

Recherche d’une pathologie associée

IMAGERIE DU THYMUS +++

  • ANOMALIES THYMIQUES associées à la myasthénie
  • HYPERPLASIE THYMIQUE (65% surtout chez sujet jeune) : thymus morphologiquement normal mais prolifération de follicules germinatifs à centre clair
  • THYMOME (15% chez les sujets > 40 ans) : bénins ou malins (doivent être opérés)

BILAN AUTO-IMMUN SYSTéMATIQUE

  • DYSTHYROÏDIE : TSH (+/- bilan thyroïdien complet si anomalie)
  • MALADIE DE BIERMER : NFS / AC ANTI FI
  • LED : AAN +/- AC ANTI-DNA NATIF
  • PR ET AUTRES…

Formes cliniques

FORMES OCULAIRES (15-20% DES CAS)

  • Atteinte limitée aux MUSCLES OCULOMOTEURS UNIQUEMNT+++
  • Posent un problème essentiellement fonctionnel

FORMES AVEC ANTI-MUSK

  • ATTEINTE BULBAIRE plus fréquente
  • ATROPHIE DES MUSCLES d’innervation bulbaire (langue)
  • CRISES MYASTHÉNIQUES FRÉQUENTES ET GRAVES+++

PAS DE PATHOLOGIE THYMIQUE ASSOCIEE

MYASTHéNIE NéONATALE

  • TRANSITOIRE, apparaît chez 10-25% des enfants de MÈRE MYASTHÉNIQUE
  • Apparition des signes au bout de 24h de vie, persistants pendant 2-3 semaines : TROUBLES DE LA SUCCION, DÉGLUTITION, RESPIRATION
  • TRAITEMENT ANTICHOLINESTÉRASIQUE, PUIS RÉGRESSION SPONTANÉE

évolution

éVOLUTION NATURELLE = PAROXYSTIQUE

  • POUSSÉES DE SÉVÉRITÉ VARIABLE spontanées ou provoquées
  • ENTRECOUPÉES DE PHASES DE RÉMISSION +/- totales
  • Si poussée sévère › CRISE MYASTHENIQUE = HOSPITALISATION DU PATIENT
  • FACTEURS DECLENCHANTS +++
  • Médicaments › curares, BB, psychotropes, antiépileptiques
  • Grossesse / post partum+++
  • Stress physique ou psychique

COMPLICATIONS

CRISE MYASTHENIQUE =

  • Aggravation rapide du déficit musculaire + TROUBLES DE LA RESPIRATION (DYSPNÉE, ENCOMBREMENT) / DÉGLUTITION
  • Facteurs déclenchants › ÉPISODE INFECTIEUX, PRISE DE MÉDICAMENTS CI, TROUBLES HORMONAUX (post partum, hyperthyroïdie, grossesse), TRAUMATISMES, CHIRURGIE, STRESS
  • Décès dans 2/3 des cas malgré réanimation adaptée

CRISE CHOLINERGIQUE = surdosage en anti-cholinestérasiques

  • Détresse RESPIRATOIRE ET DÉFICIT MUSCULAIRE SÉVÈRE
  • Signes cholinergiques :
  • Effets muscariniques : hypersialorrhée, bronchorrhée, diarrhée, nausées, vomissements, sudation, larmoiement
  • Myosis, bradycardie
  • Effets nicotiniques : fasciculations, crampes, déficit musculaire, détresse respiratoire

Traitement

PRISE EN CHARGE

  • HOSPITALISATION POUR INITIATION DE TRAITEMENT / PEC AMBULATOIRE AU LONG COURS hors poussées
  • Hospitalisation en RÉANIMATION si CRISE MYASTHÉNIQUE

éDUCATION DU PATIENT ++

  • ÉVITER LES FACTEURS DÉCLENCHANTS : stress / automédication / grossesse programmée
  • LISTE DE MÉDICAMENTS INTERDITS (A CONNAITRE)
  • Port d’une CARTE DE MYATHÉNIQUE ET LA LISTE DES PRINCIPAUX MÉDICAMENTS CI
  • PRISE EN CHARGE ALD 100%
  • ORIENTATION VERS ASSOCIATION DE PATIENTS
  • CI absolue = D-péniillamine, curare, ATB aminosides, colimycine, bacitracine, polymyxine et cycline injectable, BB, phénytoïne, diphénylhydantoïne, triméthadione, dantrolène, quinine, quinidine, chloroquine, procaïnamide
  • CI relative = phénotiazines, carbamazépine, benzodiazépines, neuroleptiques, vérapamil, lithium, progestérone

TRAITEMENT SYMPTOMATIQUE = ANTICHOLINESTHéRASIQUES

  • BLOCAGE RÉVERSIBLE DE L’ACÉTYLCHOLINESTÉRASE : prolonge l’action au niveau de la membrane post-synaptique de l’acétylcholine
  • PYRIDOSTIGMINE PO / AMBENONIUM
  • Agit sur toutes les synapses cholinergiques = ES muscariniques/nicotiniques (risque crise cholinergique si surdosage)
  • NE JAMAIS INTERROMPRE › risque de crise myasthénique
  • Posologies à augmenter progressivement (adaptation à chaque patient)
  • Initiation hospitalière / Prise PO à jeun 30 min avant les repas / durée d’action brève (4-5h) = plusieurs prises par jour nécessaires
  • Efficacité moindre voire intolérance dans les formes anti-muSK

Grossesse possible sous anticholinestérasiques (mais poussées possibles dans le post-partum)

TRAITEMENT DE FOND (éTIOLOGIQUE)

  • THYMECTOMIE = traitement de fond à long terme
  • IMMUNOSUPPRESSION ›
  • Indication › si anomalie retrouvée à l’imagerie (thymome / hyperplasie thymique)
  • Effet bénéfique sur l’évolutivité de la maladie (++chez le sujet de moins de 40 ans)
  • Non indiquée dans les formes anti-muSK
  • 85% améliorés // 35% plus de traitements
  • CORTICOTHERAPIE = 1ère intention meilleur résultat (Prednisone ou prednisolone SOLUPRED) (rique aggravation transitoire la 1ère semaine)
  • IMMUNOSUPPRESSEURS = Azathioprine (imurel) // Mycophénolate mofétil (Cellcept) = si CI thymectomie ou si échec corticoïdes (2nd intention)

PRISE EN CHARGE DES COMPLICATIONS

TRAITEMENT DE LA CRISE MYASTHENIQUE

  • HOSPITALISATION EN RÉANIMATION EN URGENCE / O2 / INTUBATION SI BESOIN / SNG / VVP
  • IGG IV OU ECHANGES PLASMATIQUES

TRAITEMENT DE LA CRISE CHOLINERGIQUE

  • Arrêt des anticholinestérasiques pendant > 72h

Diagnostic différentiel

SYNDROME MYASTHéNIQUE DE LAMBERT EATON

PHYSIOPATHOLOGIE

  • Maladie auto immune due à des auto-Ac anti canaux calciques et une insuffisance de libération de l’acétylcholine › BLOC PRESYNAPTIQUE
  • Surtout chez l’homme >40 ans

éTIOLOGIES

  • PARANÉOPLASIES ++++ (70%) › K intrathoraciques (60%), Cancer bronchiques à petites cellules (50%), autres (rein, vessie (10%))
  • MALADIES AUTO-IMMUNES associées (10%)
  • IDIOPATHIQUE (15%)

CLINIQUE

  • DÉFICIT MOTEUR ACCOMPAGNÉ D’UNE FATIGABILITÉ INITIALE EXCESSIVE SANS AMYOTROPHIE = MI proximaux ++ / m. oculomoteurs › diplopie
  • RÉFLEXES FAIBLES OU ABSENTS › réapparaissent à l’effort
  • DYSAUTONOMIE CHOLINERGIQUE POSSIBLE (troubles motricité pupuillaire, sudation, sécrétions…)
  • +/- SIGNES D’ATTEINTE CÉPHALIQUE

PARACLINIQUE

  • ENMG
  • DOSAGE DES AC ANTI ICA (CANAUX CALCIUM PRE-SYNAPTIQUE VOLTAGE-DEPENDANTS) : positif dans 60% des cas
  • Potentiel d’action musculaire au repos d’amplitude très diminué par rapport à la normale
  • Augmentation de l’amplitude de 100% après tétanisation
  • Stimulation nerveuse répétitive à fréquence rapide (10-50Hz) : incrément toujours >100%

TRAITEMENT

  • TRAITEMENT MÉDICAMENTEUX SPÉCIFIQUE pour augmenter le nombre de quanta d’acétylcholine libérés › 3-4 DIAMINOPYRIDINE
  • Formes paranéoplasiques : TRAITEMENT DE LA CAUSE
  • Dans les formes non néoplasiques, on peut proposer un TRAITEMENT IMMUNOSUPPRESSEUR OU IMMUNOMODULATEUR

SYNDROME MYSATHENIQUES MEDICAMENTEUX / TOXIQUES

  • MÉDICAMENTEUX › Intoxication par traitement par D-penicillamine (M de Wilson cf. PR), BB, curare, quinine (doit faire rechercher une myasthénie +++)
  • TOXIQUES › MAGNÉSIUM (chez insuffisant rénal +++), VENIN DE SERPENT

AUTRES

  • Syndrome myasthéniques congénitaux (CONSENTEMENT ÉCLAIRÉ DES PARENTS pour confirmation par études génétiques) (Ne pas confondre avec myasthénie néonatale !!)
  • BOTULISME
  • Contexte de TIAC = ingestion de conserve avariée contentant une neurotoxine paralysante produite par des bactéries du genre Clostridium
  • 12-35h après ingestion : nausées, vomissements, troubles de la vision, diplopie, sécheresse des muqueuses buccales et trachéales, déficit moteur généralisée à prédominance proximale
  • Peut être grave par survenue complications respiratoires
  • ENMG = bloc pré synaptique